Psychologie Nucléaire

 

La Psychologie Nucléaire a été fondée par Bernard Montaud, en parallèle de sa découverte de la psychanalyse corporelle.


 

 

Réconciliation possible entre les frères ennemis de la psychologie ?

 

 

« Un groupe d’aveugles découvre ce que c’est qu’un éléphant : l’un touche la patte et dit : c’est gros et puissant comme un pilier, l’autre touche la défense et dit : c’est dur et effilé comme un poignard, le troisième touche l’oreille et dit : on dirait une grande feuille sèche... »

 

 

La psychologie aujourd’hui est une somme de multiples tentatives de décrire la psyché humaine.

Chacun des aveugles en a découvert une partie. Plus ou moins cohérente avec la vision des autres.

 

La Psychologie Nucléaire en est une de ses explorations. Elle n’a pas été construite en référence ou continuité avec les autres courants de la psychologie puisqu’elle est née des intuitions et de l’expérimentation pendant 30 ans d’un homme : Bernard Montaud - fils spirituel de Gitta Mallasz, le scribe des « Dialogues avec l’ange » - kiné et ostéopathe de formation, qui a inventé la psychanalyse corporelle avec ses patients, puis fondé une voix spirituelle laïque qu’il appelle « école de la vie intérieure » : Art’as.

 

Cette psychologie s’appelle nucléaire parce qu’elle fait référence à deux cycles comportementaux : un cycle traumatique de fission (l’équilibre de la tension psychique de l’ego s’apaise en me séparant de l’autre et produit des déchets « radioactifs » en faisant des blessés autours de moi : c'est la guerre ordinaire de nos salles à manger) et un cycle Transformé de fusion (la tension psychique peut prendre une toute autre voie et créer beaucoup plus d’énergie sans déchets nocifs et sans me séparer des autres). La psychologie nucléaire propose en outre un chemin balisé pour passer de notre cycle traumatique à notre cycle transformé.

 

Comme avec ce groupe d’aveugles explorant le même éléphant, on peut néanmoins noter des parties qui ont été vues comme identiques par certains courants de la psychologie.

 

- L’idée d’une perpétuelle répétition du passé, l’idée de traumatismes dans l’enfance, d’un traumatisme de la naissance, d’un traumatisme lié à la sexualité et à la castration de la toute puissance, l’idée que la parole, par la nomination verbale permet une prise de conscience et une élaboration, l’idée qu’on ne change pas qui on est, mais qu’on apprend à vivre en paix avec qui on est, que le thérapeute est lui aussi soumis à son propre traumatisme qui biaise sa perception mais qu’il apprend à reconnaître (contre-transfert), que le thérapeute n’est pas interventionniste (position de poteau indicateur et de compagnon d’exploration ayant quelques pas d’avance) et qu’il ne propose pas d’actions qui induiraient une réaction... Ceci se retrouve dans les différents courants de la psychanalyse.

 

- L’idée que le comportement extérieur est le reflet du vécu intérieur et qu’on peut donc transformer un vécu PAR l’extérieur (expérimenter des chaussures à talon ou un vêtement bien coupé pour se sentir plus féminine par exemple !), l'idée d’utiliser comme outil l’assise immobile et silencieuse : une forme de méditation en pleine conscience (dans le sens de rendre conscient nos comportements et nos pensées dans une sorte d'éprouvette facilitées par le silence et l'immobilité et de tenter de les aimer... ), l’idée de cycle traumatique qui se rapproche des schémas cognitifs de Beck... Ceci se retrouve dans certains courants de TCC (Thérapies Cognitivo Comportementale).

 

- L’idée que notre schéma comportemental est de forme cyclique, comme un comportement stabilisant la psyché... cela se retrouve dans les courants systémiques, par exemple les thérapies familiales

 

- L’idée d’une démarche centrée sur la personne, avec un regard bienveillant, l’idée que l’état atteignable par l’homme est plus que l’état « normal » dans le sens de la moyenne actuelle, l’idée que l'homme a des besoins spirituels et besoin d'un sens à la vie... cela se retrouve dans certains courants de psychologie humanistes.

 

 

La psychologie nucléaire parle donc bien du même éléphant que les autres psychologies... Elle permet même de montrer que contrairement à ce que certains essayent de nous faire croire (à grand renforts de livres noirs) : elles ne s’opposent pas entre elles !

 

Pourtant elle a plein de spécificités. En voilà quelques unes (non exhaustives).

 

 

1-   Elle a observé, chez TOUS les humains « normaux », la traversée de 4 traumatismes : à chacun d’eux, pour survivre à cette « agression psychique », le bébé puis l’enfant doit se couper d’une partie de ses perceptions intérieures. Celles-ci pourront être reconquises en deuxième partie de vie, par un travail intérieur de réconciliation avec ses « instincts » d’enfants, de « pardon » d’avec les « bourreaux de circonstance » du passé et de reconnaissance de l’utilité de la structuration du « moi » ou « ego » pour s’insérer dans la société. Ce sont ces traumatismes qui structurent le schéma comportemental de chacun (= sa personnalité), appelée ici cycle traumatique.

 

o    le premier au moment de la naissance, où l’enfant découvre l’imperfection humaine, c’est-à-dire l’amour conditionnel, même de ses parents, et l’absence à soi des humains (par exemple pouvoir parler de ses vacances en nettoyant mécaniquement un être qui prend sa première respiration) ;

 

o   le deuxième pendant la petite enfance. L’enfant est confronté à la nécessité du mensonge qui fait naitre la différence entre l’intérieur et l’extérieur et permet l’acquisition du langage qui est social (je dois utiliser les mots conventionnels du groupe pour parler de moi et donc transcrire-trahir une vérité pure). L'enfant apprend aussi que toute vérité n’est pas bonne à dire (On ne dit pas à Mémé Yvette qu’elle est moche et qu’on attends son héritage, même si c’est vrai) ;

 

o   le troisième pendant l’enfance. L’enfant découvre le pouvoir qu’il a sur les adultes à travers la sexualité. Il doit pourtant choisir de respecter la honte associée à notre espèce : personne ne fait l’amour ni ne se donne du plaisir sexuel en public ! (C’est le traumatisme qui s’approche le plus de ce que Freud a découvert sur la sexualité) ;

 

o   le dernier pendant l’adolescence : l’adolescent doit confronter ses rêves à la réalité... et choisir comment il va s’insérer ou non dans la société : respecter son unicité ? Se conformer au groupe pour être accepté ?

 

2-    Elle donne un sens utile à la construction de l’ego et du « moi » : malgré le vécu de souffrance qu’il nous fait vivre et la déformation de la perception qu’il engendre, il ne s’agit pas d’une tare à éliminer mais d’une blessure constituante à dépasser afin de découvrir, au delà du cycle traumatique, un autre état de conscience possible correspondant à la nature supérieure de l’homme et gérée par un « cycle transformé ». C’est une forme d’apprentissage permettant une évolution possible de l’homme. Cette évolution possible est une sorte de sens spirituel à la vie de chacun, chacun étant d’une certaine façon venu réaliser une « tâche » qu’il est le seul à pouvoir remplir, à condition d’avoir réussi à aimer sa difformité constitutive. Par exemple Tim Guénard a été un enfant battu, torturé, emprisonné, qui a vécu en SDF et a failli tomber du côté de la délinquance définitive. Pourtant, s’il peut aujourd’hui être utile et accueillir des personnes violentes, droguées, prostituées, délinquantes, c’est parce qu’il a réussi le chemin intérieur qui l’a mis en paix avec sa propre histoire et ses pulsions. Alors, « tout est juste » à la manière de la spiritualité orientale !

 

3-    Elle propose un chemin concret dans la vie de tous les jours, sans exploits ou grandiloquences : une suite de petits pas et de petites victoires : des retournements intérieurs (passer du poing qui va frapper à la main qui s’ouvre). Si tout se répète toujours, alors il suffit d’attendre la prochaine petite interpellation concrète: la boulangère va m’ignorer et je vais de nouveau vivre douloureusement celui qui est transparent, inutile, sans valeur. Alors dans ce concret, si je reconnaît mon histoire et que j’arrive à porter un « regard bienveillant » pour ce qui m’est arrivé, ce qui m’a constitué, alors je pourrai sortir du statut de victime permanente, de mes réactions habituelles et oser un Acte nouveau.

 

4-    Elle propose un but et une méthode : dépasser l’habituel IJR (Ignorer que j’ai mal, Juger les autres, Réagir en permanence) pour découvrir et pratiquer VPA (accepter de me Voir tel que je suis, me Pardonner d’être comme cela pour rendre possible des Actes nouveaux). Le but est de se réconcilier avec soi, avec ses proches, avec les humains, avec la Vie ? Pour vivre « libéré » ? Une aide est balisée avec 15 étapes successives qui peuvent nous guider.

 

5-    Elle dessine des étapes normales et des étapes possibles de la fin de vie (spirale de vie entre la conception et la mort)

 

6-    Elle entrevoit la succession de 7 états de consciences de la Vie, du minéral à l'état créateur, en passant par les états végétal, animal, humain, ...

 

 

Références :

Montaud, B. (2001) La psychologie nucléaire. Un accompagnement du vivant. Aubenas, Edit’as.

Montaud, B. & Duret, J.-C. (2005) Allo mon corps, Fondements de la psychanalyse corporelle. Editas.

Guénard, T. (2000) Plus fort que la haine. Une enfance meurtrie : de l'horreur au pardon. Paris. J'ai lu.



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